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Simuler pour bien soigner

InSPEARS, un lieu de formation

Au cœur du CHU de Limoges, le centre de simulation en santé InSPEARS forme les professionnels et étudiants aux situations de soins… sur de « vrais faux patients ».

« Jamais la première fois sur le patient » : ce principe est celui de la simulation en santé, méthode d’apprentissage complémentaire appliquée à InSPEARS (Institut de Simulation pour l'Étude, l'Application et la Recherche en Santé), créé en novembre à l’initiative d’un partenariat entre le CHU et l'université de Limoges1. Ce lieu de formation s’adresse aux étudiants en médecine, pharmacie, maïeutique et instituts paramédicaux, aux professionnels médicaux et soignants dans le cadre de la formation continue, mais aussi aux équipes voulant expérimenter un projet de recherche. Le futur soignant ou soignant est mis dans des conditions reproduisant de façon très authentique une situation de soin, pouvant à cette occasion répéter autant que nécessaire l’acte jusqu’à le maîtriser. Les lieux aménagés ressemblent à l’identique au milieu hospitalier (chambres, box de consultation, salles de soin et bloc), si ce n’est que les « vrais faux patients » sont des mannequins. « Mannequins de tâches » pour s’essayer à des actes techniques comme le sondage vésical ou la réalisation de sutures ; mannequins connectés, dits « haute-fidélité », pour reproduire des prises en charges complexes où les patients - pilotés à distance par les formateurs - parlent, respirent, subissent des défaillances cardiaques. Il faut alors les monitorer, les perfuser, les intuber, les ventiler… Il peut s’agir de mannequins pédiatriques (bébé ou enfant), adultes et même de vrai-faux corps de femmes enceintes.

S’exercer et travailler en équipe

InSPEARS se compose de plusieurs lieux répartis entre un centre de simulation en santé, un centre de simulation virtuelle, une pharmacie expérimentale, une table de dissection virtuelle ainsi qu’une ambulance de formation Sim’Mobile. L’une des vertus de ces méthodes de stimulation est, outre la pratique de gestes techniques, de développer le travail d’équipe, la communication avec le patient, de s’exercer à gérer une situation de crise ou une urgence. Une opération peut ainsi être filmée pour que les formateurs reviennent dans un second temps sur les bons gestes ou les erreurs, selon les priorités de chacun, chirurgien, infirmière, anesthésiste… Dans l’ambulance de formation Sim’Mobile, on reconstitue la prise en charge en urgence depuis l’appel initial d’un patient à son arrivée dans la structure de soin adaptée. Une façon de revisiter la chaîne de soin mobilisant de nombreux professionnels aux compétences différentes, dans un contexte anxiogène pour le patient, les proches et les professionnels et de repérer les erreurs possibles, des plus mineures aux plus graves.

Innover grâce aux technologies immersives

Enfin, des projets de recherche et d’innovation peuvent être menés. C’est notamment le cas du centre de Simulation Virtuelle qui développe de l’innovation pédagogique numérique, puis modélise et généralise ces pratiques en s’appuyant sur les technologies immersives telles que la réalité virtuelle (ou virtual reality (VR)), la réalité augmentée, la 3D, les objets connectés.  Le centre a ainsi conçu de nouveaux outils de formation (cas cliniques virtuels, visites virtuelles, modules de gestes professionnels) et d’évaluation (chambres des erreurs).

Inspears a reçu le soutien financier du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine et de l’ARS. Il a vocation à se développer au niveau du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT), mais aussi auprès des professionnels libéraux dans le cadre de l’obligation de DPC -développement professionnel continu.

Suzanne Nemo

1 Sous la forme d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS). Intégrant le CHU lors de la crise sanitaire, il a permis de former rapidement les professionnels à la prise en charge des patients covid. Face au succès du dispositif, il a été développé.

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